Procrastination étudiante : comprendre et réussir à la dépasser

La procrastination, quand on est étudiant·e, on connaît. Mais est-ce que c’est si grave de reporter certaines tâches à demain ? À partir de quand est-ce que ça devient risqué ? Comment gérer la procrastination et limiter ces risques ? Les réponses dans cet article.
Qu’est-ce que la procrastination étudiante ?
La procrastination, c’est une stratégie d’évitement. Quand tu dois accomplir une tâche ou gérer un souci et que t’as pas la foi de le faire, tu repousses le problème à plus tard. Et quand on est étudiant·e, ça peut donner :
- des révisions de partiels qu’on remet à plus tard ;
- des démarches administratives qu’on commence à moitié et qu’on ne termine jamais (demander une bourse, remplir son dossier Erasmus, passer le permis…) ;
- des dossiers à rendre, mais qu’on n’anticipe pas assez et qui finissent par faire embouteillage juste avant la date de rendu…
Et en vrai, ça se comprend. Être étudiant·e, c’est bien souvent devoir être autonome très vite, gérer à la fois ses études, son logement et un job étudiant, le tout avec une vie perso qui n’est pas toujours facile… Bref, sans même parler de cas extrêmes, procrastiner ça peut arriver à tout·es les étudiant·es.
Est-ce que c’est forcément grave de procrastiner ?
Même si on s’apprête à te parler des risques de la procrastination, et à te donner des conseils pour ne pas procrastiner, on préfère quand même tempérer le message : la procrastination, c’est pas forcément un problème.
Remettre quelque chose à plus tard, parfois, c’est juste un moyen de prioriser les tâches. Si tu décides du jour auquel tu reportes ton devoir et que tu t’y tiens, ça peut être un moyen de gagner en motivation, de soulager ton planning et de ne pas te laisser submerger par la montagne de travail qui vient de te tomber dessus. Parfois, interrompre un devoir sur lequel tu bloques, t’aérer l’esprit et le reprendre le lendemain matin, ça peut même être la bonne stratégie pour être plus efficace au final !
Mais forcément, si la procrastination devient automatique, que tu reportes tout plusieurs fois à des dates floues et que tu te dis toujours “je le ferai plus tard”, ça peut devenir un problème…
Pourquoi les étudiant·es procrastinent-ils autant ?
On te l’a dit : procrastiner, ça peut arriver à tout le monde, surtout quand on est étudiant·e ! Déjà parce qu’on a souvent plein de trucs à faire, mais aussi parce qu’être étudiant·e, c’est être parfois dans des positions délicates sur le plan psychologique.
La peur de l’échec et le perfectionnisme
Quand tu fais des études, tu maîtrises pas les attentes de ta formation. Elles peuvent être très élevées, tu as peut-être une pression de dingue, et dans certains domaines, tu peux avoir l’impression que c’est jamais assez bien.
Et forcément, entre perfectionnisme, peur de l’échec et envie de tout donner, tu peux te mettre à procrastiner. En remettant à plus tard le début ou le rendu de ton travail, tu peux te dire que tu te laisses le temps de rendre le meilleur devoir possible. Mais c’est pas forcément le plus stratégique.
La gestion difficile des émotions et du stress
Nouvel environnement, plus de responsabilités, plein de devoirs à rendre et de partiels à réviser, peut-être même job étudiant ou travailler pendant les vacances… Gérer tout ça, c’est pas toujours simple. Et forcément, quand il faut être productif·ve, ça peut te paralyser, te faire perdre ta motivation et t’amener à procrastiner.
Les distractions et la gratification immédiate
Être étudiant·e, c’est aussi être plus libre qu’avant, et donc devoir gérer soi-même son emploi du temps. Et parfois, entre une séance de révision et une sortie entre potes, tu préfèreras opter pour la solution la moins raisonnable… Et si tu culpabilises, le fait de te dire “je le ferai demain” va soulager ta conscience dans l’immédiat : c’est un problème pour le toi de plus tard, et donc c’est plus le tien. Sauf que le toi de demain a peut-être déjà beaucoup de boulot prévu…
Une mauvaise estimation du temps nécessaire
Dernier exemple : si ton planning de révision change d’un coup, qu’on t’ajoute un devoir ou que tu as mal calculé une date de rendu (Comment ça, le mois de février s’arrête le 28 ? 😱), tu peux te retrouver avec un planning difficile à respecter. La solution la plus facile, c’est de faire en priorité ce qui est le plus urgent, et de procrastiner pour certaines tâches. Mais attention à ne pas créer un embouteillage à la fin du semestre…
Quels sont les impacts de la procrastination sur les études ?
Procrastiner, c’est pas forcément grave. Mais si tu remets tout à plus tard, ou que tu laisses trop de boulot à ton toi du futur, ça peut coincer, que ce soit pour rendre un devoir simple ou même pour faire une thèse.
Une baisse de la concentration et des difficultés d’apprentissage
Si tu procrastines trop, tu risques de te retrouver à faire des nuits blanches (ou presque) pour rattraper ton retard. Résultat : des journées plus crevantes, une concentration en cours qui diminue, et une capacité de travail moins importante, qui t’amène à encore plus procrastiner. Un vrai cercle vicieux !
De même, si tu ne suis pas le rythme de révisions ou d’exercice imposé par tes profs, tu auras peut-être du mal à comprendre le déroulé des cours. Tu augmenteras alors le risque d’être largué·e tout au long de l’année, et pas seulement pour les examens finaux.
Une hausse du stress et un sentiment de culpabilité
On t’a parlé du phénomène d’embouteillage qui peut arriver en fin de période, au moment de rendre tous tes dossiers ou de réviser tous tes partiels, si tu as trop procrastiné en amont. Tu risques alors de baliser face à la montagne de travail à abattre en quelques jours, et tu t’en voudras sans doute de ne pas avoir anticipé. Et la culpabilité ou le manque d’estime de soi, c’est pas le meilleur sentiment pour attaquer sereinement cette période difficile… Un autre cercle vicieux, en somme.
Des résultats scolaires en baisse
Stress, fatigue, culpabilité, baisse de la concentration… Trop procrastiner, non seulement c’est éprouvant à vivre, mais en plus ça peut avoir des impacts directs sur tes résultats scolaires et ta production finale, que tu sois en première année ou en train de préparer un doctorat.
Comment éviter la procrastination quand on est étudiant·e ?
Si tu as tendance à être un procrastinateur ou une procrastinatrice, voici quelques conseils pratiques pour surmonter tes difficultés.
Fixer des objectifs réalistes et atteignables
Commence par être indulgent·e avec toi-même, et à ne pas te fixer des objectifs trop élevés. Viser la lune, ça ne te fait peut-être pas peur, mais ça reste le meilleur moyen de te mettre en situation d’échec si tu ne l’atteins pas ! Reste raisonnable et réaliste, et tu parviendras bien mieux à rester motivé·e jusqu’au bout.
Identifier les sources de ta procrastination
Commence par te demander pourquoi tu procrastines :
- Est-ce que le stress te paralyse ?
- Est-ce que tu as trop de travail en ce moment ?
- Pour quelles tâches est-ce que tu procrastines le plus ?
- Est-ce que tu as déjà des stratégies pour surmonter cette procrastination ?
En fonction de tes réponses, tu sauras peut-être où t’améliorer, et quelles pistes privilégier.
Fractionner les tâches pour avancer progressivement
Si c’est la charge de travail qui t’empêche de te mettre au travail, tu peux chercher à adapter ton comportement d’étude. Si une tâche te paraît de trop grande ampleur, commence par la diviser pour voir par où commencer. Tu peux par exemple opérer dans cet ordre :
- Bien analyser ce qui t’est demandé pour comprendre la question.
- Voir comment structurer ta réponse et faire un plan d’attaque.
- Faire les recherches correspondantes.
- Passer à la rédaction de ton document final.
Même si tu ne respectes pas forcément ton plan de travail, avoir une stratégie établie et fractionnée te donnera le sentiment d’avoir davantage de contrôle sur ta mission. C’est notamment très utile pour les devoirs à long terme, comme rédiger un mémoire de fin d’études.
Utiliser des méthodes d’organisation
Toujours dans un objectif de gagner en efficacité et en sérénité, on te recommande d’adopter des méthodes pour mettre de l’ordre dans ton travail et mieux anticiper les différentes étapes. Tu peux faire des recherches sur Internet pour trouver l’approche qui te conviendra le mieux, mais on peut déjà te parler de la méthode Pomodoro. Elle consiste à s’imposer des temps de travail et de pause hyper réguliers et chronométrés pour optimiser ta concentration. Ça peut être :
- 25 minutes de travail ;
- 5 minutes de pause ;
- 25 minutes de travail ;
- 5 minutes de pause ;
- et ainsi de suite.
Créer un environnement de travail propice
Enfin, pour pouvoir passer à l’action et écarter les distractions, l’idéal c’est de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Ça fait beaucoup de rimes en -sion mais t’as compris. Donc pense à t’aménager un espace de travail dédié dans ta résidence étudiante, ton studio ou ta colocation, pour pouvoir vraiment séparer tes moments de détente et de travail. Travailler sur ton lit ou au milieu de ta coloc, c’est pas l’idéal pour rester concentré·e durant tes révisions.
Comment rester motivé·e sur la durée pendant ses études ?
Ça dépend de la situation et des personnes, mais c’est sûr que l’idéal c’est d’avoir des objectifs, et de faire en sorte de les atteindre. Et là, on ne te parle pas d’être à 150 % de tes capacités tout le temps, mais plutôt de te fixer des objectifs accessibles, à court, moyen et long terme… De quoi décrocher régulièrement de petits succès qui te motiveront et contribueront à ta réussite globale !
Quand faut-il demander de l’aide face à la procrastination ?
Si tu es vraiment en galère face à la montagne de travail qui t’attend et que tu procrastines beaucoup, commence par en parler à tes proches. Tes ami·es ou ta famille auront peut-être des conseils à te donner, notamment celles et ceux qui vivent le même quotidien que toi.
Tu peux également te tourner vers un·e psychologue ou vers le service de santé étudiante de ton établissement : le stress, la procrastination et la perte de motivation sont des sujets sérieux, qu’il ne faut pas sous-estimer.
Pourquoi les étudiant·es procrastinent-ils ?
Chaque situation est différente, mais on peut citer plusieurs raisons :
- Les étudiant·es qui viennent de quitter leurs parents doivent être autonomes d’un seul coup, et ce n’est pas forcément évident, surtout au début de leur vie d’adulte.
- Les attentes et la charge de travail peuvent être très élevées, et ce n’est pas toujours simple de gérer de front ses études, sa vie perso, voire même un job étudiant.
- On peut parfois se laisser piéger par les échéances à long terme : un devoir à rendre dans 2 mois, on peut le repousser pendant 1 mois et demi, et totalement paniquer sur les deux dernières semaines.
- Tous les aspects psychologiques qui touchent aux études peuvent provoquer de la procrastination : perfectionnisme, peur de l’échec, stress paralysant…
La procrastination est-elle normale pendant les études ?
La procrastination peut-elle nuire à la réussite universitaire ?
- Student Factory
- Conseils Et Actus
- Procrastination Etudiante